Plusieurs dizaines de kilomètres des côtes, en fond d’estuaire, une richesse architecturale...
Le salon Posidonia (en référence à Poséidon, le dieu de la mer) ouvre ses portes ce soir dans la banlieue d’Athènes, sur fond de conjoncture mondiale morose et d’inquiétudes grandissantes sur l’avenir de la Grèce dans la zone euro.
Ce plus grand événement mondial de la marine marchande réunira jusqu’au 8 juin quelque 1.870 entreprises issues de 87 pays.
L’occasion de faire un gros plan sur la marine marchande grecque.
Les Grecs, sont les premiers armateurs du monde avec une flotte contrôlée évaluée début 2011 à 202 millions de tonnes de port en lourd (dwt). La flotte grecque représente 15% du tonnage mondial.
La flotte détenue par les armateurs grecs comprend 3.325 bateaux. Près de 200.000 personnes travaillent dans le transport maritime en Grèce.
Les marins sont aujourd’hui en majorité issus des pays en voie de développement.
”Les armateurs grecs ne sont pas directement affectés par le crise grecque. En revanche, le crise mondiale a un impact sur l’industrie”, explique l’organisateur du salon, Theodore Vokos.
Si les armateurs s’en tirent bien c’est d’abord parce que leur activité est internationale.
Les armateurs jouent la carte de la mondialisation forcenée. La flotte grecque est installée un peu partout sur toute la planète. Les navires d’une compagnie peuvent être immatriculés dans plusieurs pays. Le siège social est rarement situé en Grèce, mais plutôt à Chypre, au Panama, Malte, au Libéria…
Cette mondialisation a permis à la flotte grecque de générer 15 milliards d’euros de bénéfices en 2011. Cela représente 6% du PIB de la Grèce. Dans les autres pays d’Europe c’est plutôt 1%.
Mais les armateurs sont très régulièrement montrés du doigt. Ils bénéficient en effet de nombreuses exemptions fiscales.
Depuis 1953, en vertu de l’article 107 de la Constitution grecque, les armateurs ne paient pas d’impôt sur les bénéfices. Une trentaine des compagnies d’armateurs sont même cotées en bourse.
Lors de ce salon de la marine marchande, les Chinois seront très représentés.
Selon les statistiques officielles grecques, 76% des quelque 3.000 navires battant pavillon grec ont été construits en Chine et en Corée du sud.
La moitié du port du Pirée est désormais sous la houlette de “Cosco”, le géant chinois spécialisé dans le transport maritime. L’entreprise chinoise a investi 3,4 milliards d’euros.
L’armateur public chinois dispose depuis fin 2008 de deux embarcadères au centre de conteneurs du Pirée.
Des entreprises de bâtiment de Chine ont également prévu de construire des hôtels sur le Pirée.
Le principal port d’Athènes intéresse aussi les pays arabes.